L'Ordre du Dragon D'Argent

Pour Tiamat, dernier dragon; en ce nom, nous vaincrons !!
 
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 Lagotar Gelt, fils et serviteur du Dragon d'Argent (A poursuivre)

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Lagotar
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MessageSujet: Lagotar Gelt, fils et serviteur du Dragon d'Argent (A poursuivre)   Sam 5 Juil - 18:27

Vie et persistance d'un Xelor,
Lagotar, fils et serviteur de Tiamat


"Le temps nous égare, le temps nous étreint..."


Dans un temps si éloigné que seuls quelques êtres immortels sauraient en rappeler des bribes de souvenir, ma première heure fut frappée à l'Horloge Divine. Une première heure qui devait marquer le début d'une vie étirée au-delà des limites du commun des mortels.

Je me nomme Lagotar Abraham Nohansen Gelt, cinquième serviteur du Dragon d'Argent. Les mots que tracent ma plumes à présent sont ceux de ma vie, ceux de mon histoire, et ceux d'un contrat éternel entre les Dieux et deux compagnons liés par le temps.

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Livre premier

L'orgueil du disciple

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Prologue:
An de grâce 520 du calendrier de Xelor

La nuit était orageuse, et le vieux Xelor aux bandelettes jaunies entra dans la grotte, trempé jusqu'aux os. Abraham Gelt rangea un pieu en argent à sa ceinture, et s'enfonça dans l'obscurité. "Abraham ? Tu es enfin de retour ? C'est le jour...
- ...des griffes; oui, je sais Maître"
répondit le Xelor à la voix qui s'était adressé à lui.

Atteignant la grande salle circulaire où crépitait un feu bienfaisant, il s'inclina devant l'imposante créature étendue sur le sol de la caverne. "Puis-je voir mon fils quelques instants avant de me charger de vos griffes ?
- Va donc, Abraham; je n'ai pas tout à fait terminé mon dessert."


Le dragon d'argent se saisit d'un bwork qui gisait mort, et le goba. Réprimant un hoquet, il posa son regard sur son serviteur. "Dépêche-toi !! Je viens de finir." Abraham s'inclina et se dirigea vers une salle plus petite de la grotte. Assise sur une petite chaise en bois, une disciple de Xelor lisait un livre à un tout petit enfant couché dans un berceau de pierres, qui écoutait distraitement en jouant avec un sablier. "Le balancier, équilibré à la perfection par une masse d'un alliage d'or et de cuivre, confère aux horloges modernes une précision sensiblement plus satisfaisante que celle des clepsydres.
- Encore le traité d'Amine sur la précision temporelle, mon ange ?
- Je crois que c'est son préféré"
répondit la jeune femme en souriant.

Abraham s'approcha du berceau, enlaça son épouse, et contempla leur fils qui tournait et retournait le sablier en gazouillant. "Tu sais, Anita... Je lui prédis un bel avenir à notre garçon." La Xelorette répondit par un sourire, et s'adressant à son enfant, elle annonça: "Il est l'heure de dormir; tu veux bien rendre son sablier à papa ?" Pour toute réponse, l'enfant se recroquevilla sur le sablier et babilla: "Bas touche au 'blier !!" Son père éclata de rire, et serra ses mains sur les épaules de sa femme. "Pas de doute possible, Anita !! C'est bien ton fils pour que ses premiers mots soient "Pas touche" en parlant d'un sablier !!" La Xelorette lança un regard faussement fâché à son mari lorsqu'elle répondit: "Oui, et bien, il tient bien de son père pour être aussi obsessionnel ! Il a joué avec ce sablier toute la journée, et à même refusé de le lâcher pour manger. En outre, ce n'est pas le jour des griffes aujourd'hui ?"

Abraham étouffa son rire: "Sacré nom d'une aiguille, j'allais oublier les griffes du maître !!". Il se précipita hors de la chambre, dans la salle circulaire, suivi d'Anita qui éteignit l'unique chandelle de la chambre. "Bonne nuit, Lagotar..."

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L'adoption:
An de grâce 521 du calendrier de Xelor

Abraham aida sa femme à grimper dans la carriole, essuyant ses larmes d'un revers de manche. Le dragon d'argent se tenait devant sa grotte, la résignation peinte sur ses traits, ses écailles reflétant les tristes lueurs de la lune montante. Le Xelor chargea son dernier sac dans la carriole, caressa le tabis de l'attelage, et vint s'incliner devant Tiamat. "Maître, je pense que le temps des adieux est venu...
- Il semblerait, en effet...
- Vous me manquerez... Je vous dois beaucoup, et j'aurais souhaité faire tellement plus..."


Le dragon sembla vouloir parler, mais aucun mot ne lui vint pour exprimer sa peine. Il fixa son serviteur, et une énorme larme pointa au coin de son oeil. Abraham afficha un sourire triste, puis brusquement, enserra du mieux qu'il put le poitrail du Wyrm, qui à son tour, plaça sa patte dans le dos du Xelor, fermant les yeux, et entourant leur étreinte de ses ailes déployées. De longues minutes s'écoulèrent ainsi, jusqu'à ce qu'ils se séparent. "Adieu, Abraham... mon vieil ami...
- Je souhaite que nous puissions nous revoir un jour... Vous me manquerez Tiamat... Plus que vous ne sauriez l'imaginer en cet instant."


Le Xelor grimpa au côté d'Anita qui ne pouvait retenir ses larmes. Il déposa un baiser sur les lèvres de son épouse, et fit claquer les rênes. Le tabis avança, et Tiamat regarda s'éloigner la carriole qui emportait loin de lui son serviteur dévoué et ami fidèle.

Le Dragon d'Argent contempla longuement la nuit, et ne rentra dans sa tanière qu'au premières lueurs du jour, la tristesse dans le coeur, et l'âme en peine. Tâchant d'aller de l'avant, et dans un soupir, il écarta sa mélancolie. Il s'étendit dans la grande salle circulaire, et regarda en direction de la chambre qu'avait occupé son serviteur. Repoussant de nouvelles larmes, il posa sa tête sur ses pattes, ferma les yeux, et écouta le silence de la grotte.

"Papa ?"

Le sursaut de Tiamat fut tel qu'il se cogna au plafond de pierre. Frottant son crâne endoloris, le dragon baissa le regard vers la petite chose qui rampait au sol, et affichait de grands yeux brillants, émerveillé par les écailles brillantes du Wyrm.

"Lagotar Abraham Nohansen Gelt !! Par tous les dieux, que faites-vous encore ici alors que vos parents s'en sont allés ?!
- 'gotar reste !!"


Les yeux de Tiamat s'arrondirent comme deux grosses billes de verre. "Tu plaisantes mon garçon ?! Tu ne comptes pas rester vivre avec un dragon à ton âge ?!". Pour toute réponse, le tout jeune Xelor tira un parchemin de la couverture dans laquelle il était enroulé, et le fit rouler jusqu'au Wyrm qui s'en saisit, et lu en plissant les yeux pour lire les minuscules lettres:

<< Maître Tiamat,
Lorsque vous lirez cette lettre, je serais probablement déjà loin avec mon épouse, et vous aurez rencontré notre petit Lagotar. Là où nous allons, il ne peut nous suivre. Je suis parti, car je ne pouvais plus vous servir, mais notre lignée vous servira à tout jamais. Je vous confie donc mon fils, espérant qu'il vous servira comme je l'ai fait par le passé. Puissiez-vous l'élever comme votre propre enfant, et lui transmettre votre sagesse, afin qu'il vous aide dans la mission que vous a confié Xelor.

Bien à vous,
Votre serviteur,
Abraham Leonard Wilfried Gelt.


P.S: Son héritage se trouve dans le petit coffre de notre chambre: la totalité de notre bibliothèque, notre sablier familial, notre sceau d'horlogerie, mon pieu d'argent, et divers documents le concernant. Puisse-t-il suivre nos traces autant que les vôtres. >>


Le dragon relu la lettre par trois fois, avant de finalement reporter son attention au tout jeune disciple de Xelor, vêtu de ses toutes premières bandelettes, qui ne détachait pas son regard de son nouveau maître. "Et bien, nous voici bien mon garçon... Peux-tu aller me chercher des bworks pour le déjeuner ?
- Bok ?
- Les prochaines années s'annoncent très longues..."


--- --- --- --- ---


Un accident:
An de grâce 526 du calendrier de Xelor

Durant les quatre années qui suivirent, Tiamat fit son possible pour entretenir Lagotar. Finalement, vint le septième anniversaire du jeune Xelor, âge auquel les dragons ont l'habitude d'apprendre à leur progéniture les arts draconiques. Le voyage avait été long, autant pour Lagotar qui souffrait du mal de l'air, que pour Tiamat sur le dos duquel le Xelor avait tourné et retourné des heures durant pour trouver une position à peu près confortable. Ils avaient atteint leur destination: une île déserte au-delà de l'horizon de toute terre civilisée, et s'étaient posés au sommet du plus haut sommet de celle-ci, qui s'élevait au coeur d'une vaste forêt. "Très bien... Lagotar, mon garçon, il est temps pour toi d'apprendre à faire ce que les dragons font depuis toujours.
- Manger des bworks ?
- Erm... Pas exactement... Je pensais plutôt aux arts draconiques: le secret du souffle de feu, apprendre à voler, et la magie draconique."

Le Xelor afficha une moue dubitative mais ne protesta pas, trop intrigué pour se contraindre à d'ennuyantes considérations physiques telles que la gravité, où le fait qu'un Xelor n'est pas étudié pour cracher des flammes. "Tout d'abord, je vais t'apprendre à voler. Veux-tu bien déployer tes ailes je te prie ?
- Mes quoi ?! Mais... je n'ai pas d'ailes, p'pa... Je ne suis pas un dragon, moi...
- Ah... Oui, pas faux... Il m'avait semblé remarquer cette caractéristique chez les membres de ta famille. Et bien... Tant pis alors... Contentons-nous d'apprendre à cracher le feu, veux-tu ?
- Comment ?! Mais p'pa... Je suis un Xelor, pas un dragon... Je ne peux pas cracher de feu comme toi !!
- Billevesées !! Je me souviens très distinctement avoir entendu parler de cracheur de feu parmis les humains !! Si eux peuvent le faire, alors, tu pourras également !!"

Le jeune Xelor n'avait jamais quitté la tanière de son père adoptif, et à plus forte raison, n'avait jamais rencontré un quelconque cracheur de feu; mais il ne lui serait jamais venu à l'idée de remettre en cause les paroles du dragon. Il se contenta donc de s'asseoir par terre, et d'attendre que son père adoptif partage son savoir. Tiamat cracha alors une immense colonne de flammes rougeoyantes qui vint s'abattre impitoyablement sur un rocher. Lorsque le feu cessa, la roche n'était plus qu'un petit tas de boue incandescente: elle avait littéralement fondu. Le Dragon se tourna alors vers Lagotar, et ce contenta de dire: "A toi !!". Le Xelor ouvrit de grand yeux étonnés, mais il ne protesta pas. Choisissant un rocher, il se mit à souffler dessus, en forçant son souffle, le tout dans un bruit abominable entre le râle et le vomissement. "Mais non, mon garçon... Pas comme ça !! Ton souffle doit venir du plus profond de tes entrailles !!" Cette fois, Lagotar prit une profonde inspiration, et contracta son ventre le plus fort qu'il put pour souffler. Pendant un instant, le souffle ne parvint pas à sortir, et soudain, un long et retentissant renvois résonna aux alentours. Tiamat sembla exaspéré: "Mais non, la bandelette !! J't'ai pas demandé de nous cracher tes intestins !! C'est pas compliqué pourtant !!" Joignant le geste à la parole, le dragon projeta une nouvelle gerbe de flammes vers un rocher. Soudain, un violent coup de vent souffla sur le sommet de la montagne, déviant le feu du Wyrm sur le Xelor.

Le cri déchirant du jeune Lagotar fit s'envoler tous les oiseaux alentours, tandis que les bandelettes du Xelor nourrissaient les flammes. Instinctivement, l'enfant se roula au sol pour étouffer les flammes. Tiamat tentait désespérément de souffler les flammes en battant des ailes, sans grand succès: le corps de Lagotar brûlait, arrachant d'effroyables cris de douleur à l'infortuné garçon. Il fallu vingt-cinq secondes, montre en main, pour que finalement les flammes se décident à s'éteindre, laissant sur le sol un petit corps noirci, et fumant.

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La résurection:
An de grâce 526 du calendrier de Xelor

Tiamat emporta le corps inanimé de Lagotar jusqu'à sa tanière en Amakna, priant silencieusement pour que son protégé survive, durant tout le trajet. Arrivant finalement dans la grotte, le dragon étendit le Xelor sur une paillasse de foin. Tiamat était désemparé, ne pouvant pas soigner lui-même son protégé, mais dans la totale impossibilité d'aller chercher lui-même du secours: la situation semblait sans issue. La respiration du Xelor inconscient était lente et rauque. Son corps était entièrement calciné, et avait pris une apparence charboneuse. La nuit tomba, baignée d'une pluie fine. Tiamat porta Lagotar sur une souche à l'extérieur, espérant que la pluie apaiserait les brûlures; mais tout espoir était vain: Lagotar ne passerait pas la nuit. Tiamat s'endormit sous la pluie, au côté du jeune garçon.

Un grincement lancinant tira le dragon de son sommeil. Ouvrant ses grands yeux, le Wyrm vit une cariole s'avancer, conduite par un individu encapuchoné de petite taille. Le véhicule s'immobilisa devant la tanière, et la silhouette enveloppée d'une grande cape noire descendit. Sous la capuche brillaient deux yeux de deux couleurs différentes: un oeil d'un rouge sang, et l'autre d'un bleu intense. Le dragon s'interposa entre ce personnage et Lagotar, et déployant ses ailes en guise de murs, il demanda: "Qui vient déranger le dragon d'argent et pour quelle raison en est-il ainsi ?
- Je suis celui qui parle avec la voix du Juste. Je viens porter assistance à votre serviteur, maître Tiamat."

Le dragon sembla troublé en entendant son nom prononcé par un inconnu. Voyant que Tiamat était perplexe, le voyageur s'empressa d'ajouter: "Le Juste connaissait bien celui qui vous a servi autrefois, dragon d'argent; et c'est pourquoi je suis ici. Me laisserez-vous soigner cet enfant ?"

Alors que Tiamat s'écartait pour laisser passer l'inconnu, un sourire discret se dessina dans l'ombre du visage encapuchoné, révélant deux longues canines d'ivoire. L'étranger s'agenouilla près de Lagotar qui ne respirait déjà presque plus. Il tira de sa cape un bol et de multiples fleurs. Recueillant l'eau de pluie, il broya les fleurs, cueillant des feuilles et des baies dans les buissons alentours et les ajoutant à sa mixture. Lorsque le contenu du bol eût pris une couleur bleu pastel, l'individu étendit un bras couvert de bandelttes au-dessus du récipient. D'un geste vif, il ouvrit son poignet à l'aide d'une dague, et laissa couler quelques gouttes de sang dans le bol. Enfin, il souleva la tête de Lagotar, et lui fit boire la potion qui avait pris une teinte mauvâtre. Presque instantanément, le jeune Xelor inspira profondément, et sa respiration reprit un rythme normal.

L'inconnu tira de longues bandelettes blanches de sous sa cape qui semblait ne pas connaître de limite à ce qu'elle pouvait contenir, et entreprit de refaire le bandage du jeune Lagotar, sous l'oeil attentif de Tiamat. Lorsqu'il eût terminé, le voyageur se saisit d'une cape identique à la sienne dans la cariole, et recouvrit le jeune garçon avec. Enfin, il reprit sa place à l'avant de la cariole, et lança à l'adresse du dragon: "Il restera inconscient quelques jours, le temps que la fièvre retombe. Lorsqu'il se réveillera, donnez-lui à boire du sang chaud pendant un mois, et revenez progressivement à une alimentation normale. Veillez à ce qu'il ne retire jamais ses bandelettes, et à ce qu'il fasse un nouveau bandage par-dessus, qu'il changera régulièrement. La cape est un cadeau du Juste, qu'il la garde précieusement. Quant à vous, maître Tiamat, veillez bien sur lui à l'avenir, car le Juste ne sera pas toujours là pour lui venir en aide." La cariole s'éloigna lentement, sous le regard de Tiamat. Quelques jours plus tard, comme l'avait prédit l'inconnu, Lagotar s'éveilla.

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MessageSujet: Re: Lagotar Gelt, fils et serviteur du Dragon d'Argent (A poursuivre)   Jeu 31 Juil - 15:08

Les disciples de l'horloger:
An de grâce 526 du calendrier de Xelor

Le premier jour de martalo, le jeune Xelor reprit conscience... Ou peut-être serait-il plus exact de dire que JE pris conscience pour la première fois de ma vie ? Tout ce qui arriva avant ce jour a disparu de ma mémoire, et n'est que le récit que m'en a fait mon Maître qui a été conté ici. Ce n'est qu'à partir de maintenant que je suis en mesure de raconter moi-même les évènements qui rythmèrent ma vie.

Je m'éveillais donc dans la grotte de Tiamat, le corps enveloppé dans un épais et solide bandage blanc; cependant quelque chose me frappa immédiatement: je ne percevais plus aucune sensation tactile, ni le vent qui s'engouffrait dans la grotte, ni l'humidité de la paillasse où j'étais étendu, je ne sentais même pas le contact avec le sol qui me soutenait si bien qu'en fermant les yeux, j'avais l'impression de flotter dans le vide. Le Dragon d'Argent était étendu près de moi, et son souvenir s'imposa à mon esprit, ainsi que le serment de ma famille à son égard, les dons dont il était le gardien et qu'il nous avait confié, et une vérité qui jusque là m'avait toujours échappée: la quête des Dofus. Je pris conscience de mon rôle de serviteur, de protecteur, de disciple, et c'est alors que pour la première fois, je nommais Tiamat comme mes ancêtres avant moi: "Maître ?"

La tête du Wyrm s'éleva, et il tourna son regard vers moi. De longues minutes passèrent tandis que maître et disciple se contemplaient comme s'il avait s'agit de la première fois. Une larme perla alors dans l'oeil de Tiamat, et toute sa peur, son inquiétude, et sa peine semblèrent tomber avec elle sur le sol. "Bienvenue chez les vivants, mon garçon !!"

Durant les jours qui suivirent, mon maître s'occupa de moi, me donnant à boire le sang chaud des Bworks qu'il chassait, puis tandis que je reprenais des forces au fil des jours, il partageait ses repas avec moi, me racontant les évènement des sept dernières années, jusqu'à ce que je n'éprouve plus le besoin de sang. Un jour, alors que nous mangions, je lui dis: "Maître, mon père et mes ancêtres vous servent depuis cinq générations, et aujourd'hui c'est à moi de faire de même, et vous aider dans la mission que Xelor vous a confié. Je veux apprendre les arts Xeloriens..."

Le Dragon termina consciencieusement sa bouchée de Bwork archer, et me jaugea du regard. "Moui... Il me semble évident maintenant que tu n'es définitivement pas doué pour cracher du feu ou pour voler. Peut-être aurions-nous dû commencer par cela. Mais dis-moi, mon garçon: qui va pouvoir t'enseigner ce savoir qui n'est pas le mien ?"
Je m'attendais à cette question, et je savais quoi y répondre; cependant, je savais tout aussi bien quelle réaction ma réponse allait provoquer: "Je dois me rendre au temple de Xelor, en Amakna".
Cette fois-ci, le dragon s'étouffa avec sa viande: "Quoi ?! Quitter la tanière ?! A ton âge, et alors que tu viens juste de t'extraire des griffes de la mort ?! As-tu la moindre idée de ce qui t'attend dehors ?! Et puis, les arts du dieu Xelor sont longs à apprendre !! Non, non... Je refuse catégoriquement que tu sortes d'ici sans moi si tu n'es pas en mesure de te défendre seul.
- Mais Maître, je ne le serais jamais si vous ne me laissez pas apprendre."


Devant ce paradoxe d'une évidence enfantine, mon maître ne répondit rien. Se plongeant dans une intense réflexion, il ne m'adressa plus la parole de tout le repas. Durant toute la semaine qui suivit, Tiamat ne quitta pas la tanière, et restait pensif au fond de la caverne sans mot dire, touchant à peine à ses repas, et dormant très peu. Finalement, un soir, alors qu'il avait passé la journée hors de la tanière, le dragon s'approcha de moi pendant que je préparais le repas: "Ce soir, tu vas aller chasser le repas !!
- Mais... La réserve est pleine à craquer... Et puis, le repas est déjà prêt, Maître... J'ai préparé un ragoût de Bwork.
- Ah ?! Où est-il ? Je ne vois rien, moi..."

Je fis volte-face, et constatais que la marmitte de ragoût avait disparu. Le feu brûlait dans l'âtre de pierre sans rien au-dessus des flammes. Je me retournais vers mon maître. "Que... Où... Où est passé le dîner ?!" Un bruit métallique sourd se fit entendre derrière moi, et jetant un regard par-dessus mon épaule, je constatais que la marmitte vide avait repris sa place au-dessus du feu, et qu'une longue queue écailleuse s'éloignait discrètement en profitant de la pénombre de la grotte. "Maître ? Vous n'auriez pas...
- Moi ? Non !! Je n'ai rien fait, moi !!
s'indigna le dragon de la gueule duquel dégoulinait une élégante goutte de ragoût. Bien, puisque nous n'avons rien à manger, tu vas venir chasser. Allez, zou !! En route !!"

J'ai toujours trouvé les voyages à dos de Dragon très inconfortables, mais celui-ci l'était d'autant plus que je ne savais pas à quoi m'attendre lorsque nous allions poser le pied au sol. Il ne s'écoula pas plus de dix petites minutes pour que nous atteignions notre destination. Un terrain marécageux, qu'une rangée d'arbres séparait du camp Bwork. A peine avions-nous posé pied à terre, que Maître Tiamat me fit signe d'avancer vers le camp. Avec une appréhension justifiée, je m'avançais en terrain découvert, et je ramassais une petite pierre assez légère pour être maniée aisémet, mais suffisement contondante pour briser la nuque du premier Bwork venu.

Alors que j'atteignais le centre du camp, je me rendis compte d'un fait étrange: aucun son ne me parvenais. Le village était absolument désert, et la nuit était baignée d'un silence absolu. J'avançais, lorsqu'une douce mélopée s'éleva, telle une étrange mélodie issue des ténêbres. Au détour d'une hutte bwork, je découvris un singulier spectacle: autour d'un silencieux brasier de flamme d'un violet éthéré, une douzaine de disciples de Xelors incantaient un chant, dont les paroles venaient se mêler à la musique d'un invisible orchestre. Instinctivement, je me sentais attiré par ce curieux rituel. Observant la scène, je vis de l'autre côté du cercle, à l'opposé de ma position, un Xelor aux bandelettes sombre. Son regard était à la fois intrigant et terrifiant: l'un de ses yeux brillait des froides lueurs d'un saphir, l'autre de la brûlante lumière d'un rubis. Il me fixait silencieusement, impassible. Je sentis une présence, un autre Xelor - visiblement d'un âge vénérable - se tenait derrière moi. Sans mot dire, il m'invita d'un signe de la main à rejoindre le centre du cercle.

Malgré l'étrangetée de ma situation, je ne ressentais aucune crainte, seulement la délicate sensation d'être entourée de mes semblables; je m'avançais vers le brasier, escorté du vieux Xelor, et je vis que le Xelor noir en fit de même, jusqu'à ce que nous nous trouvâmes face à face, au centre du cercle. Le Xelor noir sortit de sous sa cape, un bol rempli d'une curieuse substance aux reflets d'un mauve glacial. Il porta le bol à ses lèvres, et avala une longue gorgée de son contenu avant de me tendre le récipient pour m'inviter à l'imiter. J'hésitais, puis envahis par une subtile impression de confiance réciproque, j'avalais la potion. Elle me parut sans substance et sans goût, et laissa ma langue pâteuse, comme si j'avais avalé de la cendre. Le vieux s'avança et récupéra le bol, avant de nous aider, le Xelor noir et moi, à nous asseoir, pour finalement s'éloigner. Le Xelor noir me fixait en silence, lorsque j'eus l'impression que ma vue se troublait. Je glissais lentement dans une profonde transe, aussi éloignée du sommeil que le jour l'est de la nuit. Je n'avais alors plus conscience de ce qui m'entourait, seule la mélodie se faisait toujours entendre, mais à celle-ci venait de s'ajouter le tic tac régulier d'une horloge. Je me sentais bercé par des vagues dans un océan de ténèbres absolues. Soudain, une main puissante saisit la mienne, et je me trouvais debout au pied d'une série de marche sombres, le Xelor noir à mes côtés. Au sommet de l'escalier, une gigantesque silhouette nous observait, tenant dans sa main un imposant marteau frappé du sceau de l'infini, et au côté de laquelle trônait une horloge ornée de douze gemmes. Le Xelor noir s'inclinait, et je m'aperçus que j'en avais instinctivement fait de même. De la silhouette émanait une aura de puissance sans âge, et je sentis cette aura m'envelopper, pour m'imprégner d'une infime partie de cette puissance. Je prenais conscience d'une toute nouvelle énergie. Je pouvais percevoir le cours du fleuve du temps, et je sentais naître en mois une subtile capacité à l'influencer: je sentais couler dans mes veines les pouvoirs dont le dieu Xelor faisait don à tous ses disciples depuis des temps immémoriaux. Dans une étincelle de lucidité, je comprenais que le Grand Horloger m'avait reconnu comme l'un de ses disciples.

Durant de longues minutes, j'étais égaré aux frontières du temps, là où tout se décide, et où les destins s'écrivent, lorsque soudain, je sentis une puissante force entrer en conflit avec celle du Dieu. Comme foudroyé, je tombai à genoux, perdu dans la noirceur totale, mais conscient de tout ce qui m'entourait. Une douleur lancinante me rongeait: quelque chose d'innatendu était en train de se passer. L'aura du Dieu était maintenant imprégnée non de puissance, mais d'étonnement: à l'évidence, lui-même ne s'attendait pas à ce qui se passait. Lentement, la silhouette descendit les marches de son piédestal pour s'approcher de moi. Je m'élevais comme un pantin inanimé devant le regard de la déité, qui me considéra longuement. Finalement, il étendit son marteau au-dessus de moi, et je vis deux formes éthérées prendre corps dans les ténêbres qui m'entouraient: un dragon argenté et une momie aux bandages violet se faisaient face, le dragon empêchait la momie d'approcher de moi. Soudain, la momie changea de forme, pour prendre celle d'un dragon momifié aux bandages mauves. Le dragon d'argent, s'approcha lentement de cette momie et hocha la tête avant de s'enrouler autour de son corps éthéré. La douleur s'effaça, et je perdis conscience.

Le chant des pious me tira de mon sommeil. J'étais dans la tanière de mon maître, qui me regardais avec fierté tout près de moi. Il se contenta de me sourire, et pour toute explication, il me dit: "Ton père aussi a posé problème lorsqu'il a reçu ses dons".

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Dernière édition par Lagotar le Dim 21 Déc - 17:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lagotar Gelt, fils et serviteur du Dragon d'Argent (A poursuivre)   Ven 17 Oct - 23:54

Le pari d'Amine:
An de grâce 533 du calendrier de Xelor

Durant les sept années qui suivirent, je passais de longues heures à apprendre à maîtriser mes dons de disciple de Xelor. Le vieux Xelor présent lors du rituel avait accepté de me servir de mentor dans la pratique des arts Xeloriens. Il s'appelait Amine. Le vieil Amine était le maître du culte de Xelor en ce temps là. Agé de plus de quatre-vingt ans, il faisait autorité dans tout ce qui touchait l'horlogerie et les arts Xeloriens. Mon maître semblait connaître Amine, et il avait accepté qu'il vienne quotidiennement jusqu'à la tanière pour y assurer ma formation. Il m'enseigna sans réserve tout ce qu'un disciple de Xelor devait apprendre, et plus je progressais, plus il devenait évident qu'un saine rivalité se développait entre mentor et élève.

Amine me raconta qu'il avait été l'ami d'enfance de mon père, et qu'ils avaient suivi leur formation ensemble. Il m'expliqua également le phénomène étrange qui s'était passé lors du rituel d'intronisation. "Toi et ton père avez quelque chose d'étrange en vous. Vous êtes empreint du pouvoir de votre Maître, et ce pouvoir, en plus des dons qu'il vous confère, vous protège, autant physiquement que spirituellement. Durant le rituel d'intronisation, l'âme des disciples est marqué du sceau de Xelor par lequel le Grand Horloger nous transmet nos dons. Habituellement, une âme est vierge lors de ce rituel; si une autre puissance divine a déjà marqué une âme, la nouvelle puissance et l'ancienne s'affrontent, et il en découle de très graves conséquences. C'est d'ailleurs pour cela que rejoindre un autre culte après avoir reçu les dons d'un autre Dieu réclame une foi innébranlable, car sans ça, les deux puissances s'annulent, et l'âme s'en voit brisée. Les dons de votre maître ne sont pas de nature divine, mais ils sont suffisement puissants pour s'opposer à tout ce qui pourrait constituer une attaque contre votre âme. Lorsque Xelor appose son sceau sur votre âme, le pouvoir de votre Maître s'oppose à lui. Par chance, le pouvoir de votre maître et le sceau divin ne s'opposent pas par nature, mais par principe, il est donc possible de les faire cohabiter, pour peu que notre divin seigneur adapte la forme de son pouvoir à celle du pouvoir de votre Maître. Hélas, ce qui est vrai pour ton père et toi ne le fut pas pour ton grand-père. J'ai lu dans les archives du temple qu'il a reçu les dons de votre Maître après ceux de Xelor. Le pouvoir de votre Maître n'a pas pu s'adapter au pouvoir divin de Xelor, et l'âme de ton grand-père s'est brisée. Ce fut un tragique incident qui causa sa folie."

Lorsque je posais des questions au sujet de mon père, Amine m'apportait des éléments de réponses que mon maître ne pouvait pas m'apporter. J'appris qu'il était connu comme le plus célèbre chasseur de vampires et de non-mort de tout le Monde des Douzes. "Un seul vampire osait tenir tête à Abraham Gelt: le redoutable Saigneur Vampire Al Howin. Le récit de leur première rencontre a voyagé de taverne en taverne durant plusieurs années. Le Saigneur et le Chasseur, nul ne savait vraiment lequel chassait l'autre. On dit que ton père avait autant de respect que de haine envers ce vampire, et que c'était réciproque. Al et Abraham se sont rencontré de nombreuses fois, et chacun s'est trouvé en mesure de vaincre l'autre au moins une fois. Pourtant, ils semblaient s'être silencieusement mis d'accord pour que leur affrontement soit un combat singulier, en face à face. La dernière fois que je l'ai vu, c'était il y a 14 ans. Ce jour-là, il m'a dit qu'il devait partir pour une raison qui lui était propre. Il m'a demandé de m'occuper personnellement de ta formation le jour où ce serait nécessaire."

Amine avait également un don certain pour se montrer intransigeant en ce qui concernait les prestations du temple Xelor. Mes parents avaient emprunté de nombreux livres qu'ils m'avaient légués, au temple Xelor. Amine n'a jamais cessé de me réclamer de payer des dommages et intérêts, mais n'a jamais accepté que je lui rende les livres. Mais ce qui faisait d'Amine un être pour le moins extraordinaire, c'était sa maîtrise de nos arts. De tous les Xelors de l'époque, il était le seul à pouvoir réaliser certains exploits, comme retarder son propre vieillissement au-delà de toutes les espérances, et ralentir l'écoulement universel du temps jusqu'à un état proche de l'arrêt complet, sans néanmoins atteindre jamais cet ultime objectif. Un jour que nous plaisantions sur son âge, il me lança un défi: "Au lieu de te moquer, Lago' essai de faire mieux !! Tu as tout juste 14 ans, et j'en ai 89; et malgré ça, tu seras sans doute en train de manger les pissenlits diaboliques par la racine que je raconterais à tes gosses que tu te moquais de mon âge !!
- Chiche, Amine !! J'suis prêt à parier que je vivrais plus longtemps que toi, sans pour autant devenir un légume !!
- Hehe, petit orgueilleux, va !! C'est à peine si ça sait ralentir un moskito enrhummé, et ça rêve de prolonger sa vie !!
- Ah, ouais ?! Bah, tiens !! J'te pari tout c'que je possède que je survivrais 75 ans après ta mort, et par conséquent, plus longtemps que toi !!
- Hehe, le temps ne tourne pas rond dans les horloges carrées, le bleu !! Mais, si tu tiens à parier, je mise la même chose... et pourtant, j'ai plus à perdre que toi !!"


Ce pari fut scellé le dernier jour de ma formation, en prenant mon maître pour témoin. Je ne le savais pas encore, mais j'allais gagner ce pari; cependant le prix que j'allais payer était infiniment supérieur à ce que j'avais mis en jeu...

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Une demie-heure de retard:
An de grâce 534 du calendrier de Xelor

Ce pari devint rapidement une véritable obsession, et je mettais le moindre instant libre à profit pour chercher par quel mystérieux procédé Amine parvenait à ralentir son vieillissement. Durant près d'une année, je multipliais les requêtes expresses auprès du temple Xelor pour effectuer des manipulations de la trame temporelle qui nécessitait un encadrement spécial du fait du risque qu'elles comportaient. A de nombreuses reprises, Amine en personne est venu assister à mes expériences, allant jusqu'à m'assister dans certaines d'entre elles. De nombreux incidents furent évité par son intervention. Cependant, ce ne fut pas toujours le cas, et en particulier lors de ma toute dernière expérience de ce niveau, qui fut également la plus risquée d'entre toutes.

Ce jour-là, j'avais pour objectif de créer un lien inter-temporel entre passé et présent, afin de figer le vieillissement de mon corps dans le passé, tout en continuant à évoluer normallement dans le présent. Le non-initié aux arts Xeloriens sera en peine de comprendre la compléxité de cette expérience, mais pour faire simple, je comptais figer mon vieillissement à un instant précis dans le temps. Cette expérience fut un succès... ...durant vingt-sept minutes et quarante-deux secondes très exactement. Pendant ce laps de temps, je ne vieillissais plus, et je pouvais agir normallement. Ce fut ce jour-là que je parvins à démontrer la fameuse loi du retour concernant la modification d'une variable périodique dans un système chaotique, plus connue sous le nom de "Loi de l'élasticité temporelle de Gelt". Le lien entre passé et présent ne pouvait pas tenir indéfiniment, et au bout de ces vingt-sept minutes, quarante-deux secondes, il fini par céder. Agissant comme un élastique, la rupture du lien aurait dû entrainer mon retour dans le temps au début de l'expérience, et très probablement, m'aurait réduit en poussières temporelles durant le voyage. Au lieu de ça, grace aux inombrables bandelettes de protection, les dégâts furent minimes: seul mon petit doigt à la main droite fut rappelé dans le passé. Depuis ce jour, j'ai un petit doigt qui se promène dans le temps, avec pas loin de trente minutes de retard sur le reste de mon corps.

C'est également ce jour-là que je décidais d'arrêter mes expériences sur les manipulations temporelles. La moitié des disciples de Xelor me prenait déjà pour un génie des plus précoces, tandis que l'autre moitié me condisérait comme un jeune fou dangereux. La loi de Gelt sur l'élasticité temporelle, découverte par le jeune Lagotar à l'âge de 15 ans, fut et demeura ma seule et unique contribution à l'art Xelorien, et cela m'avait coûté un petit doigt.

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La voie de l'alambic:
An de grâce 533 du calendrier de Xelor

Alors que je venais de renoncer à la pratique des arts Xeloriens à haut-niveau, je me mis à la recherche d'un nouveau moyen pour remporter mon pari. La bibliothèque devint le nouveau repaire de mes heures perdues. Les livres parlait de très nombreux procédés aussi divers que variés pour acquérir l'immortalité: le sang de vampire, le sang de likrone pur, la plume du dieu Phoenix, l'ambroisie. Quels que soient les innombrables moyens proposés, tous n'était que chimère, ou malédiction; rien en ce monde ne semblait octroyer une immortalité sans contre-partie. C'est précisément ces mots que je prononçais un soir à la bibliothèque d'Amakna en renvoyant un livre dans les rayonnages sans prendre la peine de quitter ma chaise, provoquant la colère du vieux hibou de la bibliothèque... ...et le rire d'un autre lecteur assis à deux tables de moi.

"Il existe un moyen, jeune homme..."
Je regardais ce singulier personnage de grande taille dont l'épaisse chevelure dissimulait le regard. "Et qui êtes-vous donc ?
- Mon nom ? On me nomme Otomaï... L'enchanteurs pour certains, le savant pour d'autres, et le fou pour la plupart de ceux qui restent. Et vous êtes ?
- Lagotar Gelt... Le jeune prodige pour certains, le jeune fou pour d'autres, et le jeune Xelor pour ceux qui savent encore se servir de leurs yeux avant de se servir de leurs oreilles. Que disiez-vous ? Il existe donc un moyen de vivre éternellement sans y laisser des plumes, selon vous ?
- C'est ce que j'affirme, bien qu'à ce jour, personne n'y soit jamais parvenu. Il s'agit de l'un des trois rêves des alchimistes: La pierre de Phil et Zofal, la panacée, et celui qui vous intéresse: l'élixir de longue vie."


Otomaï passa le reste de la soirée à me parler de ces trois quêtes qui animent les alchimistes du monde. La pierre de Phil et Zofal est censée être capable de transmuter le plomb en or et l'eau en bière, la panacée est la médecine universelle, capable de soigner tous les maux du monde, et l'élixir de longue vie, qui devait prolonger indéfiniment la vie de celui qui le buvait régulièrement. Par la suite, il passa de longues heures à tenter de me faire comprendre que l'immortalité n'était pas un don en elle-même, mais une véritable malédiction. Ce long discours empreint de sagesse, je ne l'ai jamais écouté, tant j'étais alors perdu dans des rêves de grandeur formé par l'orgueil de la jeunesse; cependant aujourd'hui, nul ne saurait vous en parler aussi bien que moi. Vivre, et vivre encore... Voir le monde avancer, changer peu à peu, tandis que vous, pauvre créature d'un temps révolu, vous ne trouvez plus votre place dans le monde nouveau, comme une course que vous ne pouviez pas gagner. Ce devait être plus ou moins les paroles d'Otomaï ce soir là. Il aurait sans nul doute conclut de la façon suivante: "La mort n'est pas à craindre: elle fait partie de l'ordre des choses, c'est une nécessité de l'évolution."

Aveuglé par mon orgueil et par ce stupide pari, ce soir-là, je m'engageais dans la voie de l'alambic, qui devait inexorablement me conduire face à mon destin. J'allais, durant vingt-cinq longues années, tresser moi-même la corde qui aurait du servir à me pendre. Pourtant, la mort aurait été une destinée bien moins tragique que celle qui m'attendait.

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Dernière édition par Lagotar le Dim 21 Déc - 17:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lagotar Gelt, fils et serviteur du Dragon d'Argent (A poursuivre)   Mer 22 Oct - 0:31

L'élixir de Longu'vie:
An de grâce 558 du calendrier de Xelor

J'avais passé vingt-cinq ans à étudier l'alchimie. J'ai rencontré les plus grands maîtres alchimistes du Monde des Douzes, et j'ai travaillé avec eux. J'ai compulsé tant et tant de rapports d'expérience, que les plus surprenantes des réactions alchimiques me semblaient banales. Je n'avais plus que l'élixir de Longue Vie en tête. Même mon maître fut mis à contribution lorsque du sang de dragon me fut nécessaire pour progresser dans mes recherches.

Durant l'année 558, Otomaï et moi avions résolus de travailler ensemble sur une expérience complexe mais prometteuse. Il ne nous aura pas fallu moins de huit mois pour rassembler les ingrédients et le matériel nécessaire. Préparer les catalyseurs, mettre l'ensemble du matériel en condition pour l'expérience, préparer les 462 espèces végétales, tout cela prenait du temps; mais finalement vint le jour fatidique de notre tentative.

L'expérience commença à 6H02 très exactement, et prit fin à 4H48 une semaine plus tard. Otomaï supervisait la phase finale pendant que je me reposais. Soudain, il vint me tirer de mon sommeil: "Lago', j'ai pensais que tu voudrais assister à la dernière étape avec moi". Je quittais ma couchette et rejoignais le laboratoire. Au milieu des centaines de tubes, d'alambics, et de fioles, de petites flammes chauffaient le fond d'un ballon de verre rempli d'une substance d'un rouge fluorescente. Le liquide bouillonait lentement, lorsque Otomaï s'en saisit. Il s'approcha d'un large bécher ou dormait un liquide d'un bleu glacial aux reflets argentés, et annonça: "4H48, dernière étape, j'incorpore le composé Bêta à la base Alpha. Tu notes, Lago' ?"
Je saisis le carnet sur lequel était reporté l'ensemble des étapes de l'expérience et de nos observations, et ajoutais les mots d'Otomaï avant de me tourner vers mon éminent confrère, dont le visage exprimait à la fois l'impatience et l'angoisse de l'échec. Lentement, il versa la substance rouge dans le bécher, tout en remuant avec une énorme cuillère de bois. Le résultat de notre expérience était là: un élixir d'un mauve pastel à la surface lisse. Nous ignorions si nous avions ou non réussi, et il nous fallait à présent tester notre élixir. Nous avons utilisé la créature dont la longévité en ce monde était la plus faible: la sousouris. Ces créatures ne vivent généralement pas plus d'une semaine, aussi, nous aurions été rapidement fixés.

Je fis avaler à notre cobaye, quelques gouttes de l'élixir. L'effet fut surprenant: le corps de la petite créature était marquée par de petites plaies, et ses oreilles étaient fendue. En outre, nous avions marqué notre cobaye à l'aide d'un fer rouge. A l'instant où elle absorba le liquide, toutes les plaies, et cicatrices de son corps disparurent, et son corps guérissait instantanément de tous les maux dont il souffrait. Nous en eûmes le souffle coupé, et le premier mot que prononça Otomaï fut le nom de ce que nous pensions avoir découvert: "la panacée". De nouveaux tests s'imposaient: entaille au scalpel, brûlure, queue tranchée, venin de scorbute, vitriole... Les cellules du corps se régénéraient si vite, que le cobaye, en plus de ne ressentir aucune douleur, en devenait immortel. En essayant - test Ô combien cruel - de trancher la pauvre bête en deux, le couteau n'avait pas traversé, que le corps avait déjà guéri. Nous avions réalisé l'un des rêves de l'alchimie: la création de la panacée, le remède à tous les maux, la guérison dans un flacon. Après avoir passé la journée à torturer notre sousouris cobaye, sans jamais parvenir à la tuer, nous allâmes nous reposer, pour dormir d'un sommeil bercé de rêves de gloire et de reconnaissance.

Le soleil se leva sur un nouveau jour qui me paraissait radieux dès que notre découverte de la veille revint s'imposer à mon esprit. Je sautillais presque en rejoignant le laboratoire où dormait notre petit cobaye invincible. Je m'approchais de la cage, lorsque soudain, un terrible sentiment de désillusion s'empara de moi. Oh !! Non, la sousouris n'était pas morte... et c'est à peine si la créature qui me contemplait pouvait encore être appelée sousouris. Plus un seul poil ne couvrait ce corps rachitique, couvert d'une peau livide, aussi fragile que du parchemin et couverte de crevasses. Les deux yeux, noirs la veille, n'étaient plus que deux minuscules billes d'un blanc d'ivoire, et me fixaient d'un regard aveugle. Cette sousouris était en plein état de décomposition sans pourtant être morte... Elle ne pouvait pas mourir... seulement souffrir éternellement. Cette vision d'horreur marqua la fin de la quête d'immortalité d'Otomaï, qui refusa d poursuivre les expériences après en avoir découvert le triste résultat. Il me chargea de détruire ce redoutable poison que nous avions produit... mais j'avais d'autre projet.

Je retournais jusqu'à la tanière de mon maître, avec un plein chaudron de notre élixir que j'avais baptisé "Elixir de Longu'vie". Certes, ce résultat était un poison monstrueux, mais il n'en restait pas moins une chose: bien que décomposée, la sousouris était belle et bien immortelle. Je cherchais donc à comprendre ce phénomène. Mes conclusions furent les suivantes: cet élixir était bel et bien un élixir de longue vie, mais il comportait un bien triste effet secondaire. En effet, en plus de rendre immortel, cet élixir avait les propriétés de la panacée, et guérissait instantanément la moindre des blessures, mais cet effet avait un coût. Les cellules ont un potentiel régénérateur, qui s'épuise lentement au cours de la vie, et une fois celui-ci épuisé, l'individu meurt. L'élixir poussait les cellules à se régénrer à une vitesse hors du commun, mais épuisait ainsi leur potentiel à une vitesse excessive. Le cobaye ne mourrait pas, mais ses cellules ne se régénéraient plus, donnant ce terrible aspect cadavérique. Il me suffisait de trouver un moyen de renouveller le potentiel régénrateur des cellules, et ainsi, cet élixir aurait non-seulement les propriétés de l'élixir de longue vie, mais également ceux de la panacée.

La solution s'imposa à moi rapidement. Une seule créature en ce monde peut se targuer de vivre éternellement sans jamais vieillir. Une créature que ma famille avait combattu durant de nombreuses générations, et dont le sang portait ce qu'il appellent entre eux "le don ténébreux": le vampire !! En tant que lignée de chasseurs de vampires, la tradition familiale voulait que le sang de chaque vampire vaincu vienne s'ajouter à notre tableau de chasse; et c'est sans scrupule que je piochais dedans pour me procurer cet ultime ingrédient et que je vins l'ajouter au chaudron d'élixir. Il ne restait plus qu'à trouver un cobaye et, rendu impatient par ma certitude, je réalisais que je l'avais sous la main. Sans réfléchir, je plongeais un bol dans le chaudron, et bus ce nouvel élixir...

Je l'ignorais encore, mais les dons de mon maître furent le seul rempart qui m'évita une existence de monstre. Permettez-moi, ami lecteur, de vous parler au présent pour quelques instants, afin de vous dire quelles sont aujourd'hui les conséquences de mon acte.

Il me faut tout dabord vous apprendre que la sousouris qui avait servi de cobaye a finalement trouvé la mort, après 10 semaines de cette terrible vie de souffrance. Cet élixir, comme celui que j'ai ensuite créé, ne faisait que ralentir le vieillissement, sans pour autant donner une vie éternelle. D'après des calculs que je ne décrirais pas ici, l'élixir multiplie l'espérance de vie par dix. La longévité moyenne dans ma famille étant de 150 ans, j'en ai déduis que je vivrais approximativement durant 1500 ans. Cependant, cette vie si longue a un coût, que je paye désormais à chacun de mes jours passés en ce monde.

Le sang de vampire, n'eût pas l'effet escompté car pour régénérer le potentiel de mes cellules, il me faudrait boire chaque jour le sang de très nombreux vampires; cela parce que - ironie cuelle - cet élixir est également le seul remède connu à la malédiction vampirique. L'effet du sang de vampire s'estompe et disparait en un rien de temps, et le corps recommence à se décomposer. Pourtant, je disposais naturellement d'une protection, qui à défaut de me préserver totalement des effets de l'élixir, allait les ammoindrir. Les dons de mon maître préserve le potentiel des cellules de mon corps de façon naturelle et systématique (d'où la grande longévité des membres de ma famille), ainsi, celui-ci ne s'épuise jamais totalement. Mes organes vitaux sont protégé par le sang de mon maître qui coule dans mes veines, mais hélas, ce n'est pas le cas des organes sensoriels. J'ai perdu, au fil des années le goût, la vue, l'odorat, et l'ouïe; et avait perdu lors de l'accident de mon enfance, le sens du toucher.

Aujourd'hui, ce sont encore les dons de mon maître qui me permettent de vivre d'une façon acceptable. Comme mon maître, je perçois le Wakfu et ses vibrations... J'entend et je vois grâce à ce sixième sens, bien que cela ne reste qu'une brume grise dans laquelle se détache des ombres, et des mots dans une langue qui se lit plus qu'elle ne s'entend, dans la brume du Wakfu. Goût, toucher et odorat ne sont plus que de lointains souvenirs, et si je ne bois aujourd'hui plus que de l'absinthe, c'est bien parce que seul cet alcool est en mesure d'avoir pour moi, une très légère saveur.

Voyez, ami lecteur, ce que coûte l'orgueil... A vouloir vivre éternellement, j'en suis venu à survivre longuement, et cela encore, parce que la chance m'a souri en me faisant naître sous l'égide du Dragon d'Argent. Certes, j'aurais gagné mon pari, mais il m'aura coûté bien plus que ce que j'aurais pu y perdre. Mais malgré tout, je fais contre mauvais sort joyeux visage: mon orgueil a tracé ma route, et j'ai choisi de la suivre. C'est en accord avec moi-même que j'ai appris à vivre de cette façon, et jamais vous ne m'entendrez me plaindre de ma condition, car si j'ai beaucoup perdu en allongeant ma vie, j'ai également su en tirer d'énormes profits.

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Fin du livre premier

L'orgueil du disciple


Dernière édition par Lagotar le Lun 23 Mar - 14:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Lagotar Gelt, fils et serviteur du Dragon d'Argent (A poursuivre)   Ven 24 Oct - 15:02

Livre Second

L'éveil des Dracos

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La grande quête:
An de grâce 636 du calendrier de Xelor

Jours, mois et années se succédèrent, brisant peu à peu mes sens. Je fêtais mon premier centenaire en l'an 619, et vivais au près de mon maître, parcourant le monde en quête d'enseignements. Mettant à profit mon exceptionnelle longévité, j'étudiais dans toutes les écoles du Monde des Douze: philosophie, politique, droit, géographie, histoire, psychologie, physique, sciences occultes, prêtrise... J'accumulais les diplômes par seule soif d'apprendre. En l'an 635, j'assistais à l'évasion du démon Uk' Not'Allag, et à la suite de cet évènement, je pris conscience que j'ignorais tout de la vraie vie, de ses souffrances comme de ses plaisirs, de ses peines comme de ses joies. Las de la théorie, j'estimais qu'il était temps de voyager, et d'affronter la vie en quête de sagesse. Ma vie d'aventurier commença dans les derniers jours de l'été 636. Alors âgé de 117 ans, j'embrassais la mission divine qui avait été confiée à mon Maître, bien des années auparavant: "Trouver, réunir et protéger les six Dofus".

Vêtu de ma tunique du culte de Xelor, et armé d'un ridicule marteau en bois, j'arrivais à Astrub. J'avais étudié les légendes concernant les Dofus, et je savais que ce n'est que par la force que je serais en mesure de les obtenir pour les confier à mon maître. J'explorais le monde avec un oeil nouveau. Quittant les routes, je m'aventurais dans les plaines, je combattais et progressais. C'est en voyageant ainsi que je rencontrais un Iop, qui devint mon premier véritable ami en ce monde de l'aventure qui m'était encore tellement étranger. Yop-Lait fut un compagnon de valeur, bien qu'un peu simplet. A ses côtés, j'explorais des territoires où régnait le danger, et je reprenais la tradition ancestrale de ma famille: la chasse aux non-morts.

Il m'apparut bien vite que trouver les six oeufs de Dragon n'était pas à la portée d'un aventurier seul, aussi déterminé fut-il. Les Dofus étaient gardés par de terribles créatures: du terrifiant Dark Vlad au vénérable Chêne Mou, du puissant Minotot à l'effroyable Dragon Cochon. A cela venaient s'ajouter des rumeurs, et des Dofus prétendus faux; tout cela sans compter les innombrables aventuriers qui cherchaient à s'emparer, à des fins personnelles, de ces oeufs dont on disait que la puissance combinée dépassait celle des Dieux. La quête de Maître Tiamat était non seulement dangereuse, mais était également une course contre la montre. J'étais alors seul pour accomplir cette tache, et cela posait un véritable problème. Il me fallait trouver des compagnons d'aventure, et quoi de mieux pour cela que de fonder une guilde qui regrouperait sous un seul blason ceux qui accepteraient de servir les desseins du Dragon d'Argent.

_________________
"Que vaut le temps, s'il n'en reste plus pour s'émouvoir, s'attendrir, aimer ? Ce n'est pas nous qui décidons de notre temps, mais le temps qui tisse les jours, fait et défait les volontés, les aspirations de l'homme."

La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer.

S'opposer n'est autre que proposer. Une opposition sans proposition n'est qu'un mouvement d'humeur.
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